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Un jugement sévère

Nous portons sur nous-même un regard sans complaisance, scrutons les moindres détails, traquons le plus petit défaut, débusquons la moindre disgrâce, et notre jugement sévère est sans appel. Sur son blog, la journaliste et écrivaine Sophie Fontanel défend avec humour la cause des gens qui ne sont beaux qu’en mouvement (comme Fred Astaire…), et de conclure son billet par : « Je plaide pour les photos approximatives, qu’on arrête de les considérer comme des photos ratées, ce sont elles qui disent qui nous sommes. » Ceux qui se figent ou fuient l’objectif ont en réalité peur du regard des autres. Soit parce qu’ils n’ont pas été suffisamment regardés (aimés ?) pendant leur enfance, soit parce qu’ils attribuent aux autres le même manque d’indulgence, le même regard sévère qu’ils portent sur eux.

Accepter de lâcher

Lumière, angle, pose… Le regard et la connaissance du professionnel agissent comme autant de révélateurs de soi. Certains photographes sont réputés pour faire sortir des aspects inconnus de la personne, un peu comme un psychanalyste. Mais, pour que la magie opère, que la révélation soit positive, il faut qu’il y ait une bonne relation entre l’estime de soi de la personne photographiée et l’estime des autres, en l’occurrence du photographe. Une forme de confiance dans le regard extérieur que le Photomaton, le smartphone d’un ami, l’Instamatic du cousin lors des réunions de familles ne peuvent pas établir. Parce qu’il y a photo et photo, insiste Vannina Micheli-Rechtman, qui raconte que, pour la sortie de son essai (La Psychanalyse face à ses détracteurs, Flammarion, 2010), son éditeur lui avait organisé une séance photo en studio. « C’était la première fois que cela m’arrivait. Avec le photographe, nous avons commencé par prendre un café et discuter pendant une heure, nous confie-t-elle. Il me posait des questions sur ma vie, mon livre. J’ai senti qu’il cherchait à capter mon âme plus que mon image. Ensuite, la séance, qui a duré deux heures, s’est déroulée en confiance, même si je n’étais pas à l’aise au début. La photo finale est le résultat de cette rencontre. »

Quand la photographie soigne l'estime de soi

Pour William Moureaux, photographe professionnel qui a développé un concept passionnant de « bien-être par la photographie » pour venir en aide aux personnes souffrant d’un déficit d’estime de soi, tout le monde est photogénique. « Bien sûr, il y a des visages plus ou moins faciles à photographier, mais c’est notre rôle de voir et de composer avec les particularités de chacun, raconte-t-il. Je me souviens avoir demandé à une amie phobique des appareils photo de faire une séance avec moi. Nous avons commencé par bavarder longuement, elle m’a décrit tout ce qu’elle n’aimait pas chez elle : son nez, ses kilos en trop, sa peau détendue sous le menton. Au début de la séance, elle était crispée, nerveuse, faisait tout pour gâcher la photo, il a fallu plus d’une heure pour qu’elle se détende. Le temps est un facteur essentiel pour obtenir un bon portrait. Quand je lui ai projeté sur grand écran ses photos, elle a pleuré… parce qu’elle se trouvait bien pour la première fois, et que jamais elle n’avait pensé qu’elle puisse être comme ça. »


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